Comment préparer sa rentrée de maman… sans exploser en vol

À la fin du mois d’août, la rentrée commence à occuper sérieusement nos pensées.

Il faut vérifier les fournitures, fixer les horaires des activités, prendre les rendez-vous médicaux, organiser la reprise. La rentrée de l’enfant se prépare, il n’y a aucun doute 😊

Mais celle de sa maman ?

Elle est rarement inscrite sur la liste.

Pourtant, la reprise ne signifie pas seulement retrouver le chemin de l’école. Elle annonce aussi le retour des devoirs, des rendez-vous, des échanges avec les enseignants, des inquiétudes et parfois des tensions du soir.

Vous savez déjà que certaines semaines demanderont beaucoup d’énergie. L’objectif n’est donc pas de mettre en place une organisation parfaite. Il s’agit plutôt de construire une organisation suffisamment solide et souple pour vous aider à traverser l’année sans vous oublier complètement en chemin.

Avant de remplir l’agenda, regardez où vous en êtes

À la rentrée, notre premier réflexe consiste souvent à chercher une meilleure organisation.

On télécharge un planning familial. On achète un agenda neuf. On décide de préparer tous les menus de la semaine le dimanche matin et de ne plus jamais se laisser déborder par une pile de linge.

Mais l’enfer est pavé de bonnes intentions et malgré votre réel souhait de faire autrement. Alors avant d’ajouter une nouvelle routine, je vous propose de commencer par prendre le temps de regarder votre situation actuelle :

Comment évalueriez-vous aujourd’hui :

  • votre énergie physique ?
  • votre sommeil ?
  • votre charge mentale ?
  • votre humeur ?
  • votre capacité à vous concentrer ?
  • le temps que vous gardez pour vous ?
  • les moments de plaisir présents dans votre quotidien ?

Vous pouvez donner une note à chaque élément, sans chercher à être très précise. Il n’existe pas de réponse parfaite. Ce qui est intéressant, c’est ce que cet état des lieux raconte de votre quotidien aujourd’hui.

Si votre énergie est déjà à 3 sur 10 avant la reprise, votre priorité ne sera probablement pas de construire un emploi du temps plus performant. Il faudra d’abord réfléchir à ce qui pourrait vous éviter de descendre encore un peu plus bas.

Posez-vous également cette question :

Si l’année reprend exactement comme elle s’est terminée en juin, qu’est-ce qui sera le plus difficile à gérer ?

La réponse vous indiquera sans doute le premier sujet à regarder.

Repérez les moments qui font dérailler vos journées

Ce ne sont pas toujours les grandes difficultés qui épuisent le plus. Ce sont souvent les mêmes petites tensions, répétées jour après jour.

Le matin, parce que personne ne trouve ses affaires.

Le retour de l’école, lorsque votre enfant rentre fatigué et qu’il décharge toutes les tensions qu’il a accumulées au cours de sa journée.

Les devoirs, qui devaient durer vingt minutes et occupent finalement toute la soirée.

Les repas, auxquels vous commencez à penser au moment précis où tout le monde vous demande ce que l’on mange.

Les messages de l’école, les rendez-vous à prendre, les papiers à signer et les informations à transmettre que vous essayez de garder quelque part dans votre tête.

Passez mentalement en revue une semaine ordinaire et repérez les deux ou trois moments qui vous coûtent le plus.

Puis résistez à l’envie de tout réorganiser.

Choisissez un seul point de friction et demandez-vous :

  • Qu’est-ce qui rend ce moment si compliqué ?
  • Qu’est-ce qui pourrait être préparé ou simplifié ?
  • Qu’est-ce qui pourrait être supprimé ?
  • Qui pourrait y participer ?
  • Est-ce que mes attentes sont réalistes compte tenu de la fatigue de chacun ?

Si les devoirs ont régulièrement transformé vos fins de journée en épreuve de force, acheter un nouveau minuteur ne suffira peut-être pas. Il faudra sans doute regarder l’horaire choisi, la fatigue de votre enfant, ce que l’école attend réellement, la place que vous occupez pendant ce moment et les aides extérieures éventuellement disponibles.

Une bonne organisation ne consiste pas seulement à faire les mêmes choses plus efficacement. Elle permet aussi de remettre en question ce qui ne fonctionne pas.

Videz votre cerveau avant qu’il ne déborde

La charge mentale ne correspond pas uniquement à la quantité de choses que vous faites. Elle comprend aussi tout ce que vous essayez de ne pas oublier.

Penser au rendez-vous chez l’orthophoniste. Acheter la colle demandée pour mardi. Répondre au message de l’enseignante. Vérifier le cartable. Inscrire le petit frère au judo. Reprendre rendez-vous chez le dentiste. Trouver une idée de repas pour le soir.

Votre cerveau devient alors une sorte de tableau d’affichage sur lequel chacun vient ajouter un nouveau papier.

L’un des outils que j’utilise avec les mamans que j’accompagne est très simple : le vide-cerveau.

Prenez une feuille ou un carnet et notez tout ce qui occupe actuellement votre esprit, sans chercher à classer ni à résoudre quoi que ce soit. Les tâches importantes, les détails pratiques, les sujets qui vous inquiètent, les décisions en attente : tout peut être posé.

Ensuite seulement, faites le tri :

  • ce qui doit être fait rapidement ;
  • ce qui peut attendre ;
  • ce qui peut être délégué ;
  • ce que vous choisissez de ne pas faire.

Le dernier point est souvent le plus difficile. Pourtant, une liste n’est pas un contrat. Ce n’est pas parce qu’une tâche a traversé votre esprit qu’elle mérite nécessairement une place dans votre semaine.

Une organisation familiale ne devrait pas reposer sur une seule personne

Dans certaines familles, les tâches semblent réparties. Mais c’est souvent la même personne continue à penser à tout : elle anticipe, rappelle, vérifie et rattrape les oublis.

Autrement dit, elle ne fait peut-être pas tout elle-même, mais elle reste le système de commande central.

Si votre organisation ne fonctionne que parce que vous pensez à tout pour tout le monde, elle reste très fragile. Et vous aussi, à force.

La rentrée peut être l’occasion de remettre certaines responsabilités sur la table.

Selon l’âge des enfants et la situation familiale, cela peut vouloir dire :

  • préparer ses affaires la veille ;
  • vérifier soi-même son sac de sport ;
  • participer à la préparation du repas ;
  • ranger ses documents scolaires au même endroit ;
  • confier entièrement certaines démarches à l’autre parent ;
  • demander ponctuellement de l’aide à un proche ;
  • envisager une étude ou une aide extérieure pour certains devoirs.

Déléguer ne signifie pas expliquer la tâche, la rappeler trois fois, surveiller sa réalisation puis la refaire discrètement derrière tout le monde.

Cela suppose parfois d’accepter que les choses ne soient pas faites exactement comme vous les auriez faites. Ce n’est pas toujours confortable, mais c’est souvent indispensable pour que la répartition devienne réelle.

Choisissez trois points d’appui pour votre rentrée

Pour préserver votre énergie, mieux vaut trois décisions réalistes qu’un programme de rentrée irréprochable abandonné le 12 septembre.

Je vous propose de choisir trois points d’appui.

1. Une routine qui simplifie réellement un moment difficile

Il peut s’agir de préparer certaines affaires la veille, de déterminer quelques repas simples pour les soirs chargés ou d’accorder un vrai temps de décompression à votre enfant avant de parler des devoirs.

Une routine utile n’est pas une règle de plus à faire respecter. Elle doit retirer un peu de tension ou de réflexion à un moment précis de la journée.

2. Un petit temps pour faire le point

Dix à vingt minutes par semaine peuvent suffire pour regarder les rendez-vous à venir, les moments particulièrement chargés et les ajustements nécessaires. Un petit point en famille le dimanche peut aussi être l’occasion de faire le point sur la semaine précédente pour ensuite ajuster la nouvelle semaine.

3. Un moment qui vous aide à récupérer

Il ne s’agit pas nécessairement de vous réserver un après-midi entier au spa. Si cette possibilité existe, ne vous en privez pas, mais commençons par quelque chose qui puisse réellement trouver sa place dans votre quotidien.

Dix minutes seule avec un café. Une courte marche. Un temps de lecture. Quelques respirations lentes avant d’entrer dans la maison. Un appel à une personne qui vous fait du bien.

Ce moment peut sembler minuscule face à tout ce que vous avez à gérer. Mais s’il est régulier et réellement protégé, il devient un point d’appui.

Ne le placez pas uniquement « s’il reste du temps ». Nous savons toutes les deux ce qu’il reste généralement à la fin d’une journée familiale : quelques miettes de biscuits sur la table et très peu de temps.

Préparez aussi votre mode minimum

Même la meilleure organisation rencontrera des semaines compliquées.

Un enfant malade, une nuit trop courte, un rendez-vous supplémentaire ou une difficulté à l’école peuvent rapidement déséquilibrer l’ensemble.

Il est donc utile de réfléchir à votre mode minimum avant d’en avoir besoin.

Dans une semaine difficile :

  • quels repas simples pouvez-vous prévoir ?
  • quelles tâches peuvent attendre ?
  • quelles activités peuvent être annulées ?
  • qui pouvez-vous appeler ?
  • qu’est-ce qui est réellement indispensable ?
  • quelles exigences pouvez-vous temporairement revoir à la baisse ?

Le mode minimum n’est pas une version ratée de votre organisation. C’est ce qui lui permet de s’adapter à la vraie vie.

Équilibrez la balance stresseurs/ressources

Vous ne pourrez probablement pas supprimer tous les facteurs de stress de votre rentrée. Les difficultés scolaires de votre enfant, certains rendez-vous ou certaines contraintes professionnelles resteront présents.

Mais vous pouvez regarder la balance entre ce qui vous coûte et ce qui vous aide à récupérer.

D’un côté, notez vos principaux stresseurs.

De l’autre, notez vos ressources actuelles : les personnes sur lesquelles vous pouvez compter, les activités qui vous apaisent, les moments où vous pouvez souffler, ce qui vous donne de l’énergie ou vous procure du plaisir.

Il n’est pas toujours possible de retirer immédiatement un poids du premier plateau. En revanche, il est parfois possible d’en diminuer un, de le partager ou d’ajouter une ressource de l’autre côté.

Cette réflexion permet de ne pas réduire la rentrée à une question de productivité. Vous n’avez pas seulement besoin d’accomplir les tâches prévues. Vous avez aussi besoin de pouvoir récupérer de l’énergie entre deux périodes plus exigeantes.

Faites le point quelques semaines plus tard

Votre organisation de rentrée est une première hypothèse, pas un engagement pour toute l’année scolaire.

Après trois ou quatre semaines, prenez le temps de vous demander :

  • Qu’est-ce qui fonctionne réellement ?
  • Qu’est-ce qui me coûte davantage que prévu ?
  • Quelle routine n’est suivie par personne ?
  • Où suis-je redevenue la variable d’ajustement de toute la famille ?
  • Quel petit changement aurait aujourd’hui le plus d’effet ?

Vous aurez alors des informations beaucoup plus précises qu’au mois d’août. Vous pourrez ajuster votre organisation à la vie réelle plutôt que vous reprocher de ne pas avoir réussi à suivre le programme prévu.

Votre rentrée n’a pas besoin d’être parfaite pour être bien préparée

Préparer votre rentrée de maman, ce n’est pas réussir à tout anticiper.

C’est savoir ce qui mérite votre énergie, reconnaître ce qui risque de vous épuiser et prévoir quelques appuis avant que les difficultés ne s’accumulent.

Pour commencer, vous pouvez simplement répondre à ces cinq questions :

  1. Qu’est-ce qui risque de m’épuiser en premier ?
  2. Que puis-je simplifier ?
  3. Que puis-je déléguer réellement ?
  4. Quel moment de récupération vais-je protéger ?
  5. À quoi ressemblera mon mode minimum pendant les semaines difficiles ?

Et si vous voyez clairement que quelque chose doit changer sans parvenir à déterminer par où commencer, c’est précisément ce que nous pouvons regarder ensemble au cours de La Carte.

Cette consultation permet de prendre du recul sur votre situation, de repérer ce qui vous pèse le plus et de choisir quelques premières actions adaptées à votre famille et à vos ressources actuelles.
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Parce qu’en septembre, votre enfant n’est pas le seul à avoir besoin de bonnes conditions pour commencer son année.

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